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Identité nationale : des politiques refusent d'être cités sur le site du ministère



Le site de débat sur l’identité nationale n'en finit pas de susciter des polémiques. Dernière en date, celle sur les propos d'hommes politiques repris sur le site sans leur accord. Ainsi, dans la rubrique " ils s’expriment ", on peut découvrir un extrait du blog de Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, ou encore des propos tenus par Olivier Besancenot, leader du NPA, sur France Info, au sujet du débat. Dénonçant un "procédé indigne", ils ont demandé à ce que le ministère retire leurs propos.


"Je refuse que mon nom et celui du Parti de gauche puissent être ainsi enrôlés au service de la communication gouvernementale", dénonce Jean-Luc Mélenchon, qui dit avoir découvert "avec stupéfaction" l'extrait de son blog sur le site. "Je n'ai pourtant jamais été sollicité pour cela". Le NPA s'insurge également, soulignant un " procédé indigne, révélateur de la politique d'Eric Besson, serviteur zélé de Nicolas Sarkozy, qui ne recule devant aucun moyen pour donner l'illusion d'un consensus sur un débat". Chacun demande le retrait de ses propos et de son nom.

 

 

Réponse du cabinet du ministre de l'Immigration : "Ces propos ont été déclarés dans un cadre public, rien ne nous empêche de les citer sans demander l'autorisation à leur auteur". "Nous respectons le droit à la citation, nous mentionnons les sources, les lieux où ils ont été diffusés, les noms des auteurs", fait-on valoir. Pas question, donc, pour le ministère, de retirer les propos des deux hommes politiques.


Le ministère avait-il le droit de reprendre ainsi leurs déclarations ? "Tout propos tenu publiquement peut être cité dans des documents à caractère informatif, comme dans un journal ou sur un site d'information, sans autorisation de leurs auteurs", explique Basile Ader, avocat spécialisé dans le droit des médias, interrogé par lefigaro.fr. Mais le site de débat sur l'identité nationale n'est pas tout à fait un site d'information. "Il peut être considéré comme un site de "propagande" au sens juridique du terme", estime l'avocat, c'est-à-dire un site "politique". Or, dans le cas de document de "propagande" ou de "publicité", il faut l'autorisation préalable des personnes citées. En réalité, "le site est à la frontière entre les deux, entre information et propagande", estime l'avocat. D'où la polémique.


Quoiqu'il en soit, le ministère est tenu au "droit de réponse", valable pour toute personne citée sur internet, disposition prévue par la loi de juin 2004 sur l’économie numérique. Selon Basile Ader, si les hommes politiques cités en font la demande, le ministère doit alors, soit publier leur réponse, et ce dans les trois jours suivant leur réception, soit enlever leur texte. Pour l'instant, ni Jean-Luc Mélenchon, ni Olivier Besancenot n'ont demandé officiellement un droit de réponse.


Les leaders du NPA et du Front de gauche ne sont pas les seules personnalités politiques citées. Des propos de Ségolène Royal, Jean-Pierre Chevènement, François Bayrou, ou encore du journaliste Laurent Joffrin sont également mentionnés sur le site. Ils n'ont, pour l'instant, pas réagi.


Le ministère souligne sa volonté de mettre en ligne des propos de personnalités qui "ont des avis critiques ". Comme pour faire écho à la polémique naissante sur la publication de contributions uniquement en accord avec les vues du ministère. D'ailleurs, d'autres hommes et femmes politiques pourraient bien avoir la surprise de découvrir leurs propos publiés sur le site, car au ministère, on précise que la rubrique "Ils s'expriment" a vocation à s'enrichir.